Avant l'arrivée du stylo CHOI, la pince était le seul outil utilisé pour positionner les greffons dans la zone receveuse. Les deux instruments sont encore largement utilisés aujourd'hui, parfois même par la même équipe au cours d'une même intervention. Comprendre ce qui les distingue concrètement — pas seulement en théorie, mais dans le geste lui-même — aide à mieux comprendre ce qui se passe réellement pendant une greffe capillaire.

En bref

●        La pince manipule un greffon déjà placé dans une incision préexistante ; le stylo CHOI crée l'incision et implante le greffon en un seul geste.

●        Chaque instrument a son propre type de risque documenté : le « proximal hooking » pour la pince, le « distal hooking » et la « décapitation du bulbe » pour le stylo.

●        La pince permet de suivre visuellement l'angle de l'incision ; le stylo impose son propre angle au moment de l'insertion.

●        La maîtrise de la pince (« stick and place ») demande 1 à 2 ans d'entraînement pour atteindre une cadence rapide, selon la littérature spécialisée.

                                                                                                                                                                                  

Deux façons différentes de tenir un greffon

Avec la pince, le praticien ou l'assistant réalise d'abord toutes les incisions receveuses avec une lame, puis saisit chaque greffon avec une pince fine à micro-dents et le dépose dans l'incision déjà ouverte. Selon la description technique qu'en donne l'ouvrage de référence Textbook Hair Transplantation (Tykosinski, Shapiro, Ron), le geste consiste à « saisir le greffon par le bas, en gardant les "jambes" ensemble et à un angle de 45° », la pointe de la pince restant « à l'intérieur » du greffon pour éviter d'accrocher les tissus environnants.

Avec le stylo CHOI, le greffon est chargé en amont dans l'aiguille creuse de l'instrument. L'incision et la pose se font en un seul geste : l'aiguille pénètre le cuir chevelu, puis le piston pousse le greffon hors de l'aiguille au moment même où celle-ci se retire. Il n'y a pas d'incision préexistante à viser : l'instrument la crée lui-même, au moment de l'implantation.

Un avantage réel de la pince, souvent sous-estimé

Un point technique favorable à la pince est rarement mis en avant dans les comparatifs commerciaux : en travaillant sur une incision déjà réalisée, la personne qui place le greffon peut voir et suivre l'angle et la direction exacts de l'incision, comme le souligne la documentation de Shapiro Medical Group — la personne insère le greffon « dans la même direction et au même angle que ceux de l'incision » en « suivant le tunnel ». Cette visualisation directe est un atout pour l'homogénéité de la direction de pousse des cheveux, en particulier sur des zones où l'angle naturel varie beaucoup, comme la couronne.

Avec le stylo CHOI, cette visualisation n'existe pas de la même façon : c'est le praticien qui détermine l'angle au moment où il positionne l'instrument sur le cuir chevelu, avant même que l'incision soit créée. La précision dépend alors entièrement de son geste, sans retour visuel sur une incision déjà existante.

Deux types de risques différents, documentés par la littérature

Une étude publiée dans la Hair Transplant Forum International a mis en évidence que les deux instruments présentent des types de lésions distincts, liés à leur mécanique propre. Avec la pince, le risque documenté est le « proximal hooking » : un accrochage qui se produit « lorsque la pince replie la partie inférieure du follicule profondément à l'intérieur de l'incision ». Avec le stylo CHOI, le risque correspondant est le « distal hooking » (accrochage de l'extrémité du greffon dans l'aiguille) et, plus rarement, la « décapitation du bulbe ».

Les auteurs précisent également le principe mécanique qui motive l'usage d'un implanteur : l'aiguille « agit comme une attelle, ce qui permet d'insérer les follicules dans le site receveur sans exercer de pression directe sur le bulbe » — contrairement à la pince, qui manipule directement le greffon par sa base. Mais les mêmes auteurs sont explicites sur les limites de leurs propres conclusions : ils précisent ne pas avoir comparé directement implanteurs et pinces dans leur étude, ce qui ne permet pas, selon eux, de recommander un instrument plutôt que l'autre sur la base de ce travail.

La cadence et la courbe d'apprentissage

Un autre facteur distingue concrètement les deux méthodes dans la pratique quotidienne d'une clinique : le temps nécessaire pour former une équipe efficace. Toujours selon la documentation de Shapiro Medical Group, atteindre une cadence rapide avec la méthode à la pince (plus de 800 greffons par heure en équipe) demande généralement 1 à 2 ans d'entraînement, et la méthode « demande davantage de temps au chirurgien », ce qui peut constituer, selon les auteurs, « la principale préoccupation » de cette approche.

Cette donnée est intéressante pour comprendre pourquoi certaines cliniques orientent leur communication vers le stylo CHOI : au-delà de l'argument marketing, la réduction du temps de formation nécessaire pour atteindre une cadence correcte peut représenter un avantage organisationnel réel pour une clinique, indépendamment de tout avantage médical démontré pour le patient.

Ce que cela signifie concrètement pour un patient

Aucun des deux instruments n'est, en l'état des connaissances disponibles, démontré comme supérieur à l'autre en termes de résultat final. Ce qui compte pour un patient qui compare deux cliniques n'est donc pas l'instrument affiché sur le site, mais :

●        l'expérience réelle de l'équipe avec l'instrument qu'elle utilise ;

●        la cohérence entre l'instrument choisi et le type de zone à traiter (une zone à angle complexe comme la couronne peut bénéficier de la visualisation directe de la pince, par exemple) ;

●        la rigueur du geste, quel que soit l'outil utilisé.

Stylo CHOI et pince en un coup d'œil

 

Pince

Stylo CHOI

Étape réalisée

Pose du greffon dans une incision déjà faite

Incision et pose en un seul geste

Visualisation de l'angle

Directe, sur l'incision existante

Déterminée avant la création de l'incision

Risque spécifique documenté

Proximal hooking

Distal hooking, décapitation du bulbe

Pression sur le bulbe du greffon

Manipulation directe par la base

Aiguille utilisée comme attelle

Temps pour atteindre une cadence rapide

1 à 2 ans d'entraînement (équipe)

Non chiffré dans les sources consultées

Questions fréquentes

Le stylo CHOI remplace-t-il complètement la pince ?

Non. De nombreuses cliniques utilisent les deux instruments selon les zones ou les étapes de l'intervention, ou forment leurs équipes à une seule des deux méthodes sans que cela indique un niveau de qualité différent.

La pince est-elle un instrument dépassé ?

Non. Elle reste largement utilisée et présente un avantage documenté : la visualisation directe de l'angle d'incision au moment de la pose du greffon.

Quel instrument donne le meilleur résultat capillaire ?

Aucune étude indépendante ne démontre la supériorité systématique de l'un sur l'autre en termes de résultat final. Le facteur déterminant reste l'expérience de la personne qui manipule l'instrument.

Sources consultées : von Albertini C, von Albertini MA. « Does the use of implanters affect the quality of FUE grafts? » Hair Transplant Forum International, 2017, vol. 27, n°3, p. 96-99. — Tykosinski, Shapiro, Ron. « Stick and Place Method of Placing Grafts », in Textbook Hair Transplantation, 5e édition, 2010 (Shapiro Medical Group).

Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale spécialisée.

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