Quatre sigles reviennent sans cesse dès qu'on s'intéresse à la greffe de cheveux : FUE, FUT, DHI et CHOI. Beaucoup de sites les présentent comme quatre techniques concurrentes, au même niveau. En réalité, ce n'est pas tout à fait exact — et le comprendre change la façon d'aborder une consultation. Ce guide explique ce que chaque terme désigne réellement, avec leurs avantages, leurs limites, et ce que dit la littérature médicale disponible sur leurs résultats.
En bref
• FUT et FUE sont deux méthodes différentes pour prélever les greffons (bandelette CONTRE extraction unité par unité)
• DHI et CHOI ne sont pas des méthodes de prélèvement : ce sont des variantes d'implantation de la FUE, utilisant un instrument spécifique appelé stylo implanteur Choi. Les termes DHI et CHOI sont largement utilisés l'un pour l'autre dans le secteur
• Selon les données 2025 de l'ISHRS (International Society of Hair Restoration Surgery), la FUE représente aujourd'hui la grande majorité des interventions pratiquées dans le monde, la part de la FUT ayant nettement diminué depuis les années 2010
• Les taux de survie des greffons rapportés dans la littérature varient sensiblement selon les études (de 61 % à plus de 95 % selon la méthode et les conditions) : la compétence du praticien pèse au moins autant que le choix de la technique elle-même
FUT et FUE : deux façons de prélever les greffons
FUT (Follicular Unit Transplantation)
La FUT, parfois appelée "technique de la bandelette", consiste à prélever une fine bande de cuir chevelu à l'arrière de la tête, puis à la découper au microscope en unités folliculaires individuelles avant de les implanter.
Avantages rapportés :
• Permet de prélever un nombre élevé de greffons en une seule session
• Technique éprouvée depuis les années 1990, considérée par certains praticiens comme une référence historique pour les grandes surfaces à couvrir
Limites rapportées :
• Laisse une cicatrice linéaire à l'arrière du crâne, qui peut être visible avec des cheveux très courts
• Récupération généralement plus longue que la FUE
• Intervention plus invasive au niveau de la zone de prélèvement
FUE (Follicular Unit Extraction)
La FUE consiste à extraire les greffons un par un, directement dans le cuir chevelu, à l'aide d'un micro-punch, sans prélever de bande de peau.
Avantages rapportés :
• Pas de cicatrice linéaire ; les micro-cicatrices ponctuelles deviennent quasiment invisibles une fois les cheveux repoussés autour
• Récupération généralement plus rapide
• Permet de porter les cheveux très courts sans cicatrice visible
Limites rapportées :
• Séance parfois plus longue selon le nombre de greffons à extraire un par un
• Nécessite une bonne expérience du praticien pour limiter le taux de sectionnement des follicules pendant l'extraction
DHI et CHOI : une variante d'implantation, pas une méthode à part
C'est le point le plus souvent mal expliqué dans les contenus grand public, et il mérite d'être clarifié.
DHI (Direct Hair Implantation) décrit une manière d'implanter les greffons directement dans la zone receveuse, sans créer d'incision au préalable. L'outil utilisé pour cela s'appelle le stylo implanteur Choi (ou "Choi Pen"), développé initialement en Corée du Sud (https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2840892/). C'est de cet instrument que vient le terme CHOI, aujourd'hui utilisé de façon quasiment interchangeable avec DHI dans le secteur.
Autrement dit : l'extraction des greffons en DHI/CHOI se fait exactement comme en FUE classique (unité par unité). Seule la phase d'implantation change : au lieu d'ouvrir d'abord de petits canaux puis d'y placer les greffons, le stylo Choi réalise l'ouverture et l'implantation en un seul geste.
Avantages rapportés :
• Contrôle fin de l'angle, de la profondeur et de la direction de chaque greffon
• Peut permettre une implantation dense sans raser entièrement la zone receveuse
• Temps hors du corps du greffon potentiellement réduit, ce qui peut favoriser sa survie
Limites et points de vigilance rapportés :
• Séance souvent plus longue, en particulier pour un grand nombre de greffons
• Technique plus exigeante pour l'équipe, ce qui peut se traduire par un tarif plus élevé
• Le stylo Choi étant un outil simple d'usage, certaines cliniques en confient l'implantation à des assistants formés plutôt qu'au chirurgien lui-même — un point qu'il est légitime de demander à clarifier avant l'intervention
• N'apporte pas d'avantage automatique par rapport à une FUE classique bien réalisée : la qualité globale dépend surtout de l'expérience de l'équipe, pas uniquement de l'outil utilisé
Tableau comparatif
|
Critère |
FUT |
FUE |
DHI / CHOI |
|
Méthode de prélèvement |
Bandelette de cuir chevelu |
Extraction unité par unité |
Extraction unité par unité (identique à la FUE) |
|
Méthode d'implantation |
Insertion manuelle après incision |
Insertion manuelle après incision |
Stylo implanteur Choi, incision et implantation combinées |
|
Cicatrice |
Linéaire, potentiellement visible |
Micro-points, peu visibles |
Micro-points, peu visibles |
|
Nécessité de raser |
Zone de prélèvement uniquement |
Généralement toute la zone donneuse |
Peut permettre un rasage partiel |
|
Grand nombre de greffons en une session |
Généralement favorable |
Possible, séance parfois longue |
Possible, séance souvent plus longue |
|
Positionnement tarifaire courant |
Variable |
Variable |
Souvent plus élevé |
Ce tableau résume des tendances rapportées dans la littérature et les sources professionnelles citées en fin d'article. Les situations individuelles varient selon le diagnostic, la qualité de la zone donneuse et l'équipe médicale.
Que dit la littérature sur les taux de survie des greffons ?
Les chiffres publiés varient sensiblement d'une étude à l'autre, ce qui doit inciter à la prudence face à tout pourcentage présenté comme une certitude absolue :
• Une étude parue dans le Journal of Maxillofacial and Oral Surgery (2019) rapporte des taux de survie de 85 à 90 % pour la FUT lorsque la dissection microscopique est réalisée par une équipe expérimentée
• Une revue parue dans l'ISHRS Hair Transplant Forum a constaté une différence minime entre FUE et FUT, de l'ordre de 1 % sur le rendement en greffons
• Une synthèse (Gupta et al., 2020, Dermatologic Surgery) conclut que la différence clinique principale entre FUE et FUT porte surtout sur le type de cicatrice, plus que sur le taux de survie des greffons
• Certaines données rapportent des taux de survie légèrement supérieurs pour la DHI (jusqu'à environ 90-97 %), attribués en partie à un temps de manipulation réduit des greffons plutôt qu'à une supériorité intrinsèque de la technique
Le point sur lequel plusieurs sources convergent : le choix de la technique compte moins que l'expérience du praticien et de son équipe.
Un chirurgien très expérimenté en FUE obtiendra généralement de meilleurs résultats qu'une équipe peu expérimentée en DHI, quel que soit l'outil utilisé.
Comment choisir entre ces techniques ?
Quelques repères généraux, à affiner obligatoirement avec un diagnostic personnalisé :
• Étendue de la calvitie et nombre de greffons nécessaires : pour un volume très important, certains praticiens privilégient encore la FUT ou une FUE en séances multiples
• Souhait de porter les cheveux très courts : la FUE et la DHI/CHOI évitent la cicatrice linéaire de la FUT
• Souhait de ne pas raser toute la zone donneuse : la DHI/CHOI peut permettre un rasage partiel, à confirmer selon les cas
• Budget : la DHI/CHOI est souvent positionnée à un tarif plus élevé, en raison du temps d'intervention et de la technicité requise
Dans tous les cas, la technique n'est qu'un des éléments de décision. Un diagnostic personnalisé du cuir chevelu, réalisé par un praticien qualifié, reste la seule façon fiable de déterminer l'approche la plus adaptée à une situation individuelle.
Questions fréquentes
DHI et CHOI, est-ce la même chose ?
Dans la pratique courante du secteur, oui : les deux termes désignent la même approche d'implantation directe au stylo Choi. DHI est le nom de la technique, CHOI fait référence à l'instrument utilisé.
La FUE est-elle toujours meilleure que la FUT ?
Pas nécessairement. La FUE laisse moins de cicatrice visible, mais certaines études rapportent des taux de survie comparables entre les deux méthodes. Le choix dépend surtout du volume de greffons nécessaire et des préférences esthétiques.
La DHI est-elle plus efficace que la FUE classique ?
Les données disponibles ne montrent pas de supériorité clinique automatique. La DHI peut offrir un contrôle plus fin de l'implantation, mais les résultats dépendent avant tout de l'expérience de l'équipe qui la pratique.
Quelle technique laisse le moins de cicatrices ?
La FUE et la DHI/CHOI laissent des micro-cicatrices ponctuelles, généralement peu visibles une fois les cheveux repoussés. La FUT laisse une cicatrice linéaire qui peut rester visible avec des cheveux très courts.
Sources consultées pour cet article :
ISHRS 2025 Practice Census — International Society of Hair Restoration Surgery
• Gupta AK, Love RP, Harris JA. "Old Friend or New Ally...", Dermatologic Surgery, 2020 — via PubMed